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Exposition en cours

7 avril - 31 mai 2018 : Jérôme DUSSUCHALLE « La forme d'après », sculpture, dessin, estampe.

J.DUSSUCHALLE Carton 7avril 2018 GSB


" Ce pourrait être l’histoire d’une défaite, la défaite d’un regard qui bute sur l’objet, l’objet qui est amorce, qui est motif. Entendons par motif, ce qui ancre la structure générale des pièces et de l’installation : son départ.
Mais le motif est aussi ce qui se décline et se répète selon des emboîtements de séries.
L’objet appartient à ces choses simples de la nature qui nous surprennent chaque jour, nous sommes, en effet, cueillis.
Coque à fruits de la terminaison de l’iris sec après sa floraison pour décrire un peu ce dont il s’agit, évidence toutefois de cet évènement à chaque printemps réitéré, reconduit, renouvelé, repris. Autre répétition qui ne nous appartient pas cette fois-ci.
Après l’élan d’une végétation qui cherche à tout prix la lumière — car il faut voir cette puissance végétative en acte briser les sols, ouvrir la terre — voici la chute des semaisons, les dispersions éparses et généreuses, les graines à venir pour que cycles et saisons nous soient tangibles et que la couleur éclate enfin.
Défaite du regard, car le dessin ne parviendra pas à saisir ni par la percée de ses tracés, ni par l’incursion de ses lignées, la persistance de l’iris : sa présence obstinée échappe.
Quant à son processus originaire, il est sans pourquoi, c’est une énigme dont le chiffre nous confond systématiquement.
Aussi le dessin qui cherche la vicariance est-il une quête inachevée, le regard est à l’épreuve d’un réel qui fuit, qui s’écoule, qui nous tombe des mains.
Le regard défait aussi puisque sous l’iris, voici à présent l’archaïque d’une sculpture que nous cherchions, et qui se révèle malgré nous, comme par enchantement.
Iris est au Parthénon, les ailes coupées. Histoire d’élan et de chute une fois de plus qui marque cette fois-ci le trajet des dieux à l’épreuve de l’humanité. Sous la coque, la messagère, son fragment qui signifie la totalité d’une architecture et d’un monde. Sous la coque, le fronton et sa triangulation, le temple, la cella, la cabane améliorée pour recueillir ce qui nous transcendera toujours et ce, malgré les restes. La sculpture tiendra lieu de cette crypte qui remémore cette disposition vénérable à s’élever.
Alors le dessin, la sculpture, ces choses agencées disent peut-être cela, à moins qu’une fois de plus ce ne soient que réminiscences forcloses, songes d’un sol en devenir de ciel ou bien encore l’inverse." Jérôme DUSSUCHALLE, mars 2018